texte préparé
par Mme Suzanne Bernard
Thérapeute du deuil, maître en service
social et docteure en sociologie,
auteure
Il est fort important de toujours se rappeler - sans toutefois dramatiser
- que lorsque nous vivons un deuil, nous sommes vulnérable.
Notre cœur a été meurtri par la perte et la douleur
nous a fragilisés pour un certain temps.
Vulnérable peut
aussi vouloir dire « influençable ». Pour le meilleur
et pour le pire, certaines personnes en deuil se laisseront facilement
influencer par des amis, des proches, des collègues de travail,
etc.
En fait, ces gens de notre entourage perçoivent notre réalité d'endeuillé à partir
de leur propre expérience, c'est-à-dire à partir
de ce qu'ils ont déjà vécu et expérimenté dans
leur processus de deuil.
Dans un moment comme celui-là, il importe
de se rappeler que chaque être est unique, qu'aucun deuil ne
peut se comparer à un autre et que seule la personne qui vit
une perte sait exactement ce dont elle a besoin. Ce qui n'exclut pas
la possibilité, pour La personne endeuillée, de se faire
accompagner dans ses démarches. Cependant, la personne endeuillée
devrait toujours demeurer liée à son propre ressenti
afin de pouvoir répondre elle-même, pour elle-même, à la
question suivante : De quel type d'aide ai-je vraiment besoin
? Si
la personne ne peut décider pour elle-même, il sera important
qu'elle puisse répondre aux questions suivantes :
- Est-ce en groupe ou en individuel que je veux recevoir
de l'aide?
- Suis-je plus à l'aise avec un homme ou avec une
femme?
- Ai-je besoin de compétences particulières?
- Ai-je
besoin d'avoir déjà entendu parler de cette
personne par
quelqu'un que je connais et en qui j'ai réellement
confiance?
- Suis-je prêt à me déplacer plus
loin que mon quartier?
- Quelle distance suis-je prêt à parcourir
pour consulter?
Après avoir répondu - chacun pour soi - à ces
questions, le magasinage de personnes-ressources pourra mieux s'effectuer.
En effet, si l'on est prêt à magasiner pour trouver un
appareil électroménager, un voyage, une bicyclette, etc.,
qui correspondent à nos besoins, pourquoi se refuser à magasiner
les services d'une personne qui nous aidera à faire la traversée
de notre deuil et qui, inévitablement, deviendra très
significative dans notre vie?
Ce magasinage (cette recherche qui ne
revêt aucun sens péjoratif) s'effectuera lors des premières
rencontres avec le groupe ou, s'il s'agit d'une aide individuelle,
avec la personne-ressource. Il se peut qu'une amie nous ait recommandé cette
personne et qu'elle ait réellement été aidée
par celle-ci. Ceci ne veut cependant pas dire que nous serons aussi à l'aise
avec cette même personne.
Il importe donc d'être vraiment en confiance avec la personne
consultée et c'est, encore une fois, beaucoup plus le coeur
que la tête qui nous donnera une réponse claire. Si ça
ne «clique» pas, comme disent souvent les gens, il s'agit
tout simplement d'aller rencontrer une autre personne, jusqu'à ce
que l’on trouve un endroit où l’on se sent complètement
détendu et en confiance avec la personne-ressource.
Cette personne doit être à même
de comprendre - à sa
juste valeur - ce que l’on vit vraiment comme endeuillé.
En fait, il s'agit d'être pleinement convaincu que cette personne
saura nous accompagner, nous encourager et nous guider dans la difficile
traversée de notre deuil. Voilà donc les points importants à considérer
lors des premières rencontres de «magasinage» pour
recevoir de l'aide appropriée.
En ce qui à trait aux compétences de la personne aidante,
il s'agit encore une fois de nous demander, chacun pour soi, ce qui
importe vraiment. Les autres ne peuvent pas savoir notre place. Certaines
questions peuvent nous servir de guide, par exemple :
- Est-ce que cette personne doit nécessairement être
membre d'une corporation professionnelle?
- Doit-elle détenir
un diplôme universitaire?
- Est-ce qu'un psychothérapeute ayant été formé dans
une approche spécifique et socialement reconnue me conviendrait?
En fait, l'essentiel sur le plan des
compétences de l’aidant
se résumerait ainsi : que cette personne connaisse réellement
les étapes du processus du deuil et qu'elle se sente à l'aise
avec la problématique des pertes. Cela signifie qu'elle doit être
complètement à l'aise pour nous aider à plonger
au coeur de notre souffrance. Enfin, elle doit aussi être assez
honnête pour oser nous référer à quelqu'un
d'autre si jamais l'ampleur de notre deuil dépassait ses propres
compétences.
Comment choisir?
Pour le choix d'une personne-ressource,
on peut s'informer auprès de nos proches qui ont déjà vécu
un deuil et qui connaissent des ressources appropriées. Si tel
n'est pas le cas, Le Répertoire que vous trouvez sur ce site
et les bottins des différentes corporations professionnelles peuvent
aussi être utiles. Les Centres Locaux de santé et de services
sociaux (CLSC), Info Santé. ainsi que Les Centres de références
peuvent aussi vous transmettre des noms de personnes-ressources.
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